J6-J7 : de Donchay à Luang Namtha, 115km

J6-J7 A VELO AU LAOS : Donchay > Luang Namtha

Réveil aux aurores comme d’hab’. Petit déj avec omelette aux fines herbes et oignons réalisée par le maître des lieux. Très bonne mais bien grasse (ndlr : le gras, c’est la vie). Pendant qu’il cuisine, il boît un thé laotien avec de belles feuilles qui se déploient. Ca donne envie. Et là…il me sort un sachet de thé Lipton, je suis dépité. J’essaie de lui faire comprendre que je préférerais un thé laotien mais la communication par gestes étant peu subtile, il ne capte pas et se contente de me signifier que le thé Lipton est très bon. Plusieurs théories :

 

1) soit il pense que le thé Lipton est vraiment de meilleure qualité que le thé ramassé localement et pense me faire plaisir…dans ce cas cela m’attriste car cela montre que la marque Lipton a trop bien fait son job, conditionnement capitaliste.
2) soit il me donne du Lipton car c’est moins cher…dans ce cas, cela m’attriste aussi car pas très cool comme accueil
3) soit il me donne du Lipton car il pense que les « falang » (= étrangers en laotien) n’aiment que le Lipton et n’apprécient pas la culture

 

locale, ne sont rivés que sur leurs marques et habitudes d’occidentaux…et dans ce cas, cela m’attriste encore.
Bref, je commence cette journée un poil attristé par ce thé symbolique (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, la la la). Le temps m’accompagne avec un soleil de plus en plus présent. 1ier jour où je me dis que la saison des pluies perd du terrain. Chouette ! Les paysages sont de plus en plus beaux, avec toujours des montagnes russes, des mix de relief et de rizières.

 

A mi-chemin, je bois/mange une soupe : assez fréquent comme plat avec pas mal de légumes, de bouillon, de nouilles, bien équilibré. J’avale aussi une boisson à l’eau de coco avec des morceaux, gloups, miam.

 

Comme la veille, il y a 2 montées interminables, même que je vois 2 camions renversés, car montée = descentes raides…

 

Quand tu souffres, c’est réconfortant d’avoir des klaxons d’encouragement, des laotiens à moto qui lèvent le pouce pour montrer à quel point tu es fou, des enfants qui rient et agitent la main à ton passage en criant des « sabaïdi ou hello ou bye bye ». Certains enfants courent après le vélo, d’autres sont tout nus, d’autres sont interloqués, d’autres sont à vélo aussi, des vélo trop grands pour eux avec 1 vitesse. Ils sont tous beaux.
A droite, un panneau : « Kao Rao cave ». Je m’arrête pour visiter la grotte avec un vieux papy et 2 lampes frontales fatiguées. On peut cheminer sur 700m environ à l’intérieur, c’est tout noir, assez impressionnant avec des stalactites incrustées de cristeaux. Il y a aussi de curieuses cannelures ressemblant à des racines sur le sol, rebord d’anciens bassins en carbonate de calcium. Des centaines de chauves souris gravitent au-dessus de nos têtes. L’entrée de la grotte fermée par une immense porte un bois à mi-hauteur de l’infractuosité et son Buddha gardien du temple, est assez surréaliste. On a l’impression de pénétrer dans une sanctuaire magique.

 

Une ligne droite de quasi 15km m’amène à Luang Namtha, la ville la plus grande de cette partie du nord du Laos. Ouf ! Après un smoothie (mixed fruits), je m’installe dans un superbe bungalow (à 10 € la nuit) tout en bambous avec grandes fenêtres, jolie terrasse avec chaises longues…en bambou, et même une cheminée ! (je me demande bien à quoi ça sert). Le seul hic, c’est qu’il y a un karaoké non loin et que ça gueule un peu. Heureusement, j’ai mes boule quiès pour contrer les meuglements et le chant du coq.

 

Envie furieuse de faire un trek pour découvrir la nature environnante, surtout que c’est une immense réserve. C’est tellement la saison basse qu’il n’y a pas assez d’inscrits aux différents trek proposés par les agences. Je dois attendre le jour suivant. Adoptant l’attitude laotienne de détachement, je me dis que ça sera l’occasion de buller un peu et me balader tranquilou aux alentours. Je termine par un dîner sur le pouce au marché de nuit avec une très bonne papaya salad, des petites tranches de porc et un alcool maison au citron. Depuis mon arrivée au Laos, je n’ai pas vu un étranger et encore moins un cyclotouriste.
Le lendemain je profite d’une belle journée pour aller me baigner à la cascade située à 6km de là par une jolie route bordée de rizières mais pleine de pierres. Avec le soleil, les rizières sont quasi vert fluo, les couleurs se révèlent après le bain gris de la pluie. Visite ensuite d’un stumpa doré assez impressionnant en haut d’un promontoire, jolie vue sur les environs.

 

Un tour au marché pour voir l’éventail des légumes, fruits et couleurs.

 

 

Je trouve enfin un trek à 20h, le guide sera mon guide perso car personne d’autre s’est inscrit. Cela me rappelle Sapa au Vietnam, je m’étais retrouvé seul avec la guide. J’opte pour une marche de 2 jours et 1 nuit camping dans la jungle. Into the wild, nous voilà !

 

Pour voir la vidéo du parcours entre Donchay et Luang Namtha, cliquez ici :

 

J2 : de Phoomtada à Chiang Rai, 102km

J2 à vélo en Thaïlande : de Phoomtada à Chiang Rai, 102km

Après un solide petit dèj, je fais mes adieu au grand-père et je repars sur les routes. Je parcoure une belle piste de terre rouge et -comme il a plu toute la nuit-, je me fais rapidement un body painting…rouge. Je rejoins la route principale, que les thaï appellent : « highway ». Bon heureusement, c’est quand même moins fréquenté qu’une autoroute ! Je passe le long de temples plutôt mimi, avec de zolis d’animaux, toujours bien chargés d’or.

 

A l’heure du café, vers 10h -si tant est que le café ait une heure précise le matin- , je sens une odeur de toréfaction me chatouiller les naseaux. Sans conteste, je suis en train de longer un toréfacteur de café. Je m’arrête et j’ai le droit à une visite guidée -avec les gestes car je comprends pas le thaï- . J’en ai fait une petite vidéo, que je posterai dès que possible. Je bois 2 shots de café restretto -delicieux- , je fais une photo avec une famille d’asiat qui m’ont pris en affection et j’enfourche mon vélo dopé comme jamais.

 

Des rizières et des arbres bien touffus, voilà mon quotidien…dont je ne plains pour le moins du monde.

 

Je pile devant une maison insolite faites de souches d’arbres et de branches tarabiscotées. La maîtresse des lieux un peu allumée me fait visiter. On se croirait dans un conte de fée, manque plus qu’une neige-neige et ses 7 pokemons.

 

Pour la pause dèj du jour, j’ai droit à une soupe avec une bouillon bien riche, plein de bons légumes, du piment et des boulettes de viande un peu bizarre. Tout est fait minute. Sur la table, les assaissonnements typiques sont proposés : piment, sauce soja, cacahuètes pilées… Se trouvent aussi toujours des petites serviettes, si fines qu’elles essuient quasi rien; et une boîte renfermant les baguettes et cuillères pour la soupe. A force de parler nourriture, si ça continue, je vais faire un blog sur la culture gastronomique asiatique 😉 .

 

Je croise un drôle d’immense dragon d’or perché sur une butte, non pas issu d’un conte de fée cette fois mais plutôt d’un managa.

 

Ce soir, objectif : Chiang Rai, ville assez grande du nord-est, non loin du triangle d’or (connu pour l’opium mais c’est révolu), point de départ de trek, plaine de rizières entourées de montagnes. Je suis attendu chez Tim et Agnès, des warmshowers qui vont m’héberger. Warmshowers ? J’en avais déjà parlé lors de mon précédent voyage à vélo en Suisse mais je vais expliquer à nouveau pour ceux qui ne suivent pas mes aventures…po bien ! Warmshowers, c’est un réseau de passionnés de vélo -surtout de cyclotourisme-, qui s’hébergent gratuitement ou se rendent service mutuellement. C’est comme le couchsurfing mais avec un point d’intérêt en + et ça marche super bien. J’avais déjà eu de très belles expériences en Suisse avec 1 famille et 1 jeune allumé du vélo, et cet été j’ai hébergé -chez moman- 1 couple d’australiens digital nomads -qui bossent en parcourant le monde-, 1 américains qui atteignait ses 5000km en Europe, et 2 écossais -attention, pas anglais !- qui ont adoré les calanques, les toits-terrasses de la friche à Marseille…. Aparté fini. Donc, Tim et Agnès, un couple de retraités américains doivent m’héberger. J’ai réussi à acheter une petite plante sous une pluie battante pour leur apporter en offrande.

 

Après une longue ligne droite, me voilà arrivé chez eux, dans une maison très coquettes donnant sur les rizières. J’ai le droit à une grande chambre, serviettes pliées, salle de bain privée et wifi gratuit -le facétieux Tim avait posé un papier « free wifi » sur la table de chevet sous forme de boutade-.

 

J’ai l’impression d’être chez papi mamie -même s’ils sont plus jeunes que mes parents-, ils sont très attentionné et passionnés sans le côté américains parfois pénible : Amazing ! Oh my god ! etc…

 

En fait, cela fait 30 ans qu’ils vivent en dehors des US, étant prof internationaux. Et une fois à la retraite, au lieu de se poser sagement, ils ont décidé de changer de pays tous les ans ! Tout ça me fait rêver… Et si je devenais prof itinérant ? 😉 . On parle écologie, un peu de vélo mais pas trop, beaucoup de nourriture bien sûr. Ils sont vegan, je mange de très bons plats qu’Agnès et Tim ont cuisiné, et que nous finalisons ensemble. J’en ai fait une vidéo aussi, à découvrir prochainement. J’ai même le droit à une baguette sortie du congel pour l’occaze. Au son du gecko qui hante un coin de ma chambre -mais impossible de savoir lequel-, je m’endors sur un lit pas trop dur pour une fois.

 

Pour voir la vidéo du parcours en image satellite, cliquez ici :