J1 Strasbourg à Prague – 5 août – Strasbourg > Eisinger

106 km – 450 m dénivelé +

Au petit matin, Anke a préparé un muesli comme seuls les allemands savent le faire (elle est à moitié allemande) avec tellement de bonnes choses dedans que je pourrais bien réussir à faire 106km ! Son plan de travail inox immense me fait saliver en pensant aux centaines de tartelettes que je pourrais faire dessus mais c’est pas le plan du jour. Il est temps de partir après la bise de remerciements chaleureux.
Je démarre poussivement, c’est toujours comme ça le premier jour car faut faire des ajustements sur le vélo, les bagages, etc. Je stoppe au marché sur coin pour concocter mon pique-nique, c’est marrant ces clientes qui achètent des grosses saucisses de viande (acque l’asssent alsacien svp).
Je me délecte des rues charmantes et propres de la petite France…ça change de Marseilleuh. Puis je change d’itinéraire en rallongis pour longer le Rhin sur 51km. Temps idéal, lignes droites de pistes cyclables à perte de vue…sur le fleuve, une partie industrielle intéressante.
Je m’arrête pour ploufer dans le Rhin tout nu, c’est bon et pas froid.
Puis vers 13h, enfin la pause déjeuner : j’ai pédalé à fond pour rattraper le départ tardif du matin. Un homme vient vers moi, tout sourire, chouette ! Ich werde mein Deutsh üben können (je vais pouvoir pratiquer mon allemand).
Manque de pot, c’est un évangéliste illuminé, il me gratifie d’un prospectif genre « Jésus loves you ». Un pique-nique plus tard – Pain aux graines-roti de dinde-morbier-banane- j’enfourche ma monture et je m’éloigne du Rhin. C’est toujours sur des pistes cyclables mais moins beau, le long de routes pas top. Je commence à faiblir et m’achète un coca ! C’est uniquement dans ces moments-là que mon corps réclame un coca, c’est viscéral et ça rebooste (normal avec la tonne de sucre dedans). J’avance, j’avance, j’avance, je refaiblis : pas évident de passer de mes 20km de vélo par jour à Marseille à +de 100km.
Je m’arrête au km 85 dans la charmante ville d’Ettlinger pour boire un eis kaffee dans un konditorei (café glacé+glace vanille+glace café+chantilly). Ca me redonne une pêche d’enfer pour affronter les dernières côtes, j’en profite pour recharger mon smartphone car le gps ça pompe un max. Petit concert de rock sympa et maisons croquignolettes le long du canal fleuri. Je continue…une merco sortant d’un concessionnaire merco recule pour me laisser passer : on ne voit ça qu’ici ! Gratitude devant cette attention.
Je m’arrête chez un agriculteur pour acheter 500gr de fraises dans un distributeur, sic ! Le progrès est partout ! Étant tout collant de la journée, je me faufile dans un ruisseau pour me décoller, prêt pour la nuit ! Je touche au but…je croise un papy à vélo et lui demande (auf deutsch) s’il a un plan pour poser ma tente. Il m’indique une forêt avec des grands champs.
Wow !! C’est le paradis ! J’arrive à planter le tente sans encombre (ouf c’était la première fois avec celle-ci) et je savoure la quiétude jusqu’au moment où un chasseur arrive en jeep et me dit que j’ai pas le droit de rester là. Après un peu de nego, il me dit que c’est ok et qu’il fera attention à pas me tirer dessus. Me voilà rassuré pour dormir paisiblement en rêvant de bretzel et de bière.