J6+J7 – Strasbourg à Prague – 10+11 août – Bamberg > Erfurt

J6 – Bamberg > Bergsee Ratscher camping – 92km – 950m dénivelé +
J7 – Bergsee > Erfurt – 76km – 880m dénivelé +

Chemins forêts faisant
Vie de château à Saxe-Cobourg
Tent-é par une Full moon vue sur lac ?

Petit-déjeuner matinal, nos pistes cyclables se séparent : Léon au travail, moi vers un point de chute inconnu. Galère, où vais-je donc crécher la nuit suivante ? Pas si évident / autorisé le camping sauvage en Allemagne, pas toujours facile de trouver un hôte warmshowers ou couchsurfing malgré mes super étoiles…c’est de l’orga et un minimum d’anticipation !
Je tente l’option camping – pas trop bidochon j’espère – et en repère un un peu plus loin que mon point de destination théorique (modulo 20km quand même…), devant un lac (bergsee ratscher). Pas grave, ça vaut le coup de chauffer un peu + les mollets s’il y a une baignade à la clé et de quoi remplir les yeux.
Je commence le périple, tombe sur de beaux graffitis Dimitri Kogan puis sur quelques pistes campagnardes jusqu’à Cobourg. Je pique-nique dans un parc, dommage, pas de « culture au jardin » ici ! Sandwich pas terrible avalé (brötchen+salami+concombres), je découvre un très beau centre-ville baroque, ne goûte pas aux saucisses du coin (bratwurst) et me motive à faire l’ascension de la colline qui surplombe la ville pour aller visiter la citadelle qui abritât la dynastie des Saxe-Coburg Christian Martel. Sissi, je suis en manque de Culture. Oh mein Gott, c’est hyper raide !
Je pose ma monture et visite cet immense édifice parfaitement rénové. De très beaux points de vue région stop, un musée avec une collection d’armes impressionnantes stop, pause. Devant le design raffiné des pistolets, je me demande pourquoi cette volonté de beau dans le morbide… Après moultes cuirasses, lances, canons, voici venu le temps des carrosses, calèches et traîneaux.
C’est beau, c’est kitsch, j’imagine bien la reine des neiges s’époumonant, glissant derrière un cheval blanc. Je prends un chemin vtt pour descendre direct et rejoindre mon itinéraire. S’ensuivent quelques beaux paysages bucoliques, des sentiers montagnards et une arrivée au camping en fin de journée avec une belle perspective de pont.
Je suis saisi par le decalage, j’ai l’impression d’arriver dans un camp de jeunes en springbreak. Grosses tentes, gros son, grosses bières. Je m’écarte et trouve un coin tout seul à 2 pas du lac. Étrange ce comportement grégaire de coller ses mobilhome les uns aux autres… C’est un coin naturiste, ça tombe bien, j’avais la flemme de mettre mon maillot.
L’eau est délicieuse, je concocte ma dînette-apéro : bière + caouètes puis je monte ma tente au sunset.
La lune est pleine, les couleurs m’impressionnent, je fais une marche méditative rougeoyante.
Lendemain, lever 7h max comme d’hab, je replie tout et fonce vers de nouvelles aventures. L’air est frais, mais ça ne fait que monter dans des forêts d’altitude (relatives, jusqu’à 1000m environ) et j’ai vite chaud.
Journée bol de nature avec des chemins vtt superbes qui m’entraînent de pistes dégagées, en chemin de sous-bois et même en single track plus technique. J’ai décidé pour + de nature (mais ça va de paire avec la difficulté) de calculer un itinéraire en mode vtt et pas en mode gravel (vtc).
Je m’abreuve de framboises, I can’t stop ! Je rencontre des villages de montagne mignons, un peu d’eau, mais pas des masses, la sécheresse est partout Anne Meilhac!
Puis j’arrive en longeant pas mal de km un cours d’eau à Erfurt où Florian, un warmshowers m’attend dans sa rue plutôt bobo. Rendez-vous demain pour le portrait de Florian, à l’énergie décoiffante.

J1 Strasbourg à Prague – 5 août – Strasbourg > Eisinger

106 km – 450 m dénivelé +

Au petit matin, Anke a préparé un muesli comme seuls les allemands savent le faire (elle est à moitié allemande) avec tellement de bonnes choses dedans que je pourrais bien réussir à faire 106km ! Son plan de travail inox immense me fait saliver en pensant aux centaines de tartelettes que je pourrais faire dessus mais c’est pas le plan du jour. Il est temps de partir après la bise de remerciements chaleureux.
Je démarre poussivement, c’est toujours comme ça le premier jour car faut faire des ajustements sur le vélo, les bagages, etc. Je stoppe au marché sur coin pour concocter mon pique-nique, c’est marrant ces clientes qui achètent des grosses saucisses de viande (acque l’asssent alsacien svp).
Je me délecte des rues charmantes et propres de la petite France…ça change de Marseilleuh. Puis je change d’itinéraire en rallongis pour longer le Rhin sur 51km. Temps idéal, lignes droites de pistes cyclables à perte de vue…sur le fleuve, une partie industrielle intéressante.
Je m’arrête pour ploufer dans le Rhin tout nu, c’est bon et pas froid.
Puis vers 13h, enfin la pause déjeuner : j’ai pédalé à fond pour rattraper le départ tardif du matin. Un homme vient vers moi, tout sourire, chouette ! Ich werde mein Deutsh üben können (je vais pouvoir pratiquer mon allemand).
Manque de pot, c’est un évangéliste illuminé, il me gratifie d’un prospectif genre « Jésus loves you ». Un pique-nique plus tard – Pain aux graines-roti de dinde-morbier-banane- j’enfourche ma monture et je m’éloigne du Rhin. C’est toujours sur des pistes cyclables mais moins beau, le long de routes pas top. Je commence à faiblir et m’achète un coca ! C’est uniquement dans ces moments-là que mon corps réclame un coca, c’est viscéral et ça rebooste (normal avec la tonne de sucre dedans). J’avance, j’avance, j’avance, je refaiblis : pas évident de passer de mes 20km de vélo par jour à Marseille à +de 100km.
Je m’arrête au km 85 dans la charmante ville d’Ettlinger pour boire un eis kaffee dans un konditorei (café glacé+glace vanille+glace café+chantilly). Ca me redonne une pêche d’enfer pour affronter les dernières côtes, j’en profite pour recharger mon smartphone car le gps ça pompe un max. Petit concert de rock sympa et maisons croquignolettes le long du canal fleuri. Je continue…une merco sortant d’un concessionnaire merco recule pour me laisser passer : on ne voit ça qu’ici ! Gratitude devant cette attention.
Je m’arrête chez un agriculteur pour acheter 500gr de fraises dans un distributeur, sic ! Le progrès est partout ! Étant tout collant de la journée, je me faufile dans un ruisseau pour me décoller, prêt pour la nuit ! Je touche au but…je croise un papy à vélo et lui demande (auf deutsch) s’il a un plan pour poser ma tente. Il m’indique une forêt avec des grands champs.
Wow !! C’est le paradis ! J’arrive à planter le tente sans encombre (ouf c’était la première fois avec celle-ci) et je savoure la quiétude jusqu’au moment où un chasseur arrive en jeep et me dit que j’ai pas le droit de rester là. Après un peu de nego, il me dit que c’est ok et qu’il fera attention à pas me tirer dessus. Me voilà rassuré pour dormir paisiblement en rêvant de bretzel et de bière.